Droit de réponse d’Osons 2020 aux Bitards

Un droit de réponse suite à un article de Centre Presse où les Bitards déclaraient « Non non non, nous sommes indigné(e)s! Notre déception est grande! Dans le premier tract de Osons Poitiers 2020, l’Ordre du Vénéré Bitard (L.S.T!) était associé à la lutte contre le sexisme avec la photographie de nos panneaux  « Bitardbourg »  pour illustrer l’encart « Égalité femmes- hommes » « 

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« Les élu·e·s d’Osons Poitiers, lors de leur mandat de 2012 à 2020, ont toujours voté contre la subvention allouée à la confrérie des Bitards. Une confrérie est une organisation de solidarité masculine, basée sur des rites de bizutage et un phallocentrisme incarnant des valeurs patriarcales auxquelles nous nous opposons.

En mars 2018, le Collectif 8 mars était intervenu lors d’un conseil municipal pour dénoncer la subvention allouée aux Bitards qui avait été alors suspendue par le maire Alain Claeys. Un an avant, Yves Jean, Président de l’université, avait lui aussi supprimé la subvention émanant de l’université. Sur le site des Bitards, le Collectif 8 mars avait relevé des descriptions infamantes sur les femmes, surnommées « chabousses » : « trou laissé dans la terre par une carotte». Nous n’avons rien contre la fête et les fanfares, mais les valeurs prônées par les Bitards ne nous semblent pas progressistes.
Le Collectif 8 mars a montré la continuité entre sexisme ordinaire et violences faites aux femmes, soulignée aussi par le conseil de l’Europe. Les témoignages de MeToo ont également rappelé toute la réalité et l’ampleur des violences faites aux femmes, dénoncées dernièrement par Adèle Haenel et les manifestations historiques féministes du 8 mars 2020.

Osons 2020 porte un projet ambitieux contre les inégalités femmes-hommes et en a fait une de ses trois mesures phare. Arrêtons la fatalité. L’égalité est question de choix politiques. Le déplacement des femmes à Poitiers n’est pas serein, notamment pour les jeunes femmes et les étudiantes : harcèlement, insultes, agressions et sentiment de peur qui en découle. Les femmes ont une stratégie d’évitement et d’auto-censure. Nous voulons une ville apaisée, avec des déplacements adaptés aux femmes, un budget municipal égalitaire, une éducation à l’égalité filles-garçons dans les écoles, une disparition des publicités stéréotypées, une maison des femmes, un plan de lutte contre la précarité et contre les violences faites aux femmes, une égalité dans les mandats et postes à responsabilité. La ville est à tout le monde et les femmes n’ont pas à s’en exclure.

Enfin, nous nous étonnons de la légèreté de l’article en pleine période de catastrophe sanitaire et de confinement alors que les violences conjugales ont augmenté de 30%. Nous rappelons que le 3919 fonctionne toujours, ou le 17, et qu’il est aussi possible de joindre le Planning familial et le CIDFF. Enfin, même confinées, rappelons aux femmes en danger qu’il vaut mieux fuir, même en dépit du couvre-feu. »

Poitiers, le 30/03/20